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Le guide suprême iranien veut "briser le dos des séditieux"
information fournie par AFP 17/01/2026 à 18:19

Un portrait de l'ayatollah Khamenei brandi lors d'une manifestation de soutien à la République islamique, à Bagdad le 16 janvier 2026 ( AFP / AHMAD AL-RUBAYE )

Un portrait de l'ayatollah Khamenei brandi lors d'une manifestation de soutien à la République islamique, à Bagdad le 16 janvier 2026 ( AFP / AHMAD AL-RUBAYE )

Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a estimé samedi que les autorités devaient "briser le dos des séditieux", imputant à Donald Trump, la responsabilité des violences dans le pays, après la répression qui a fait des milliers de morts d'une vague de contestation.

Des manifestations déclenchées le 28 décembre à Téhéran par des commerçants contre le coût de la vie ont pris une grande ampleur le 8 janvier, défiant ouvertement la République islamique en place depuis 1979.

Les autorités ont alors coupé internet, une décision visant à cacher la "brutalité" de la répression, selon des groupes de défense des droits humains.

La vague de protestation a pour l'instant été étouffée par une répression qui a fait des milliers de morts, ont estimé vendredi des experts et des ONG.

Les autorités affirment que le calme règne désormais, tandis que les médias proches du pouvoir font état de milliers d'arrestations, la justice promettant un châtiment rapide pour les personnes impliquées dans des violences.

"Par la grâce de Dieu, la nation iranienne doit briser le dos des séditieux, tout comme elle a brisé le dos de la sédition", a déclaré samedi l'ayatollah Khamenei à ses partisans, à l'occasion d'une fête religieuse retransmise par la télévision nationale.

- "Nous ne les épargnerons pas" -

"Nous n'avons pas l'intention de mener le pays à la guerre, mais nous n'épargnerons pas les criminels nationaux (...) pire encore que les criminels nationaux, les criminels internationaux, nous ne les épargnerons pas non plus", a-t-il martelé.

Téhéran a accusé Washington d'alimenter une "opération terroriste" visant à détourner des manifestations pacifiques liées à la crise économique.

Veillée en mémoire des manifestants tués en Iran, à Washington le 16 janvier 2026 ( AFP / SAUL LOEB )

Veillée en mémoire des manifestants tués en Iran, à Washington le 16 janvier 2026 ( AFP / SAUL LOEB )

Donald Trump, qui a soutenu la guerre de douze jours menée par Israël contre l'Iran en juin dernier, avait multiplié ces dernières semaines les menaces d'intervention militaire, avant d'affirmer mercredi avoir été informé "par des sources très importantes" que "les tueries ont pris fin".

"Nous tenons le président américain pour coupable des victimes, des dégâts et des accusations qu'il a portées contre la nation iranienne", a aussi déclaré le guide suprême.

"C'était un complot américain", a-t-il affirmé, ajoutant que "l'objectif des Etats-Unis est (...) de replacer l'Iran sous domination militaire, politique et économique".

Le président américain avait remercié vendredi le gouvernement iranien d'avoir annulé, selon lui, "toutes les pendaisons prévues" de contestataires.

Donald Trump "dit toujours n'importe quoi", a réagi sur la télévision d'Etat le procureur de Téhéran, Ali Salehi, ajoutant que la réponse du gouvernement avait été "ferme, dissuasive et rapide", avec de nombreuses poursuites judiciaires et mises en accusation.

- Inquiétudes sur le bilan humain -

L'inquiétude grandit sur l'ampleur de la répression, la vérification des chiffres restant difficile en raison des restrictions drastiques imposées aux communications.

Une manifestation contre le régime iranien à Francfort, en Allemagne, le 16 janvier 2026 ( AFP / Kirill KUDRYAVTSEV )

Une manifestation contre le régime iranien à Francfort, en Allemagne, le 16 janvier 2026 ( AFP / Kirill KUDRYAVTSEV )

L'ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks a annoncé samedi avoir décelé une "très légère" reprise de l'activité internet en Iran, après plus de 200 heures de coupure, mais sans "signe de reprise significative".

Des Iraniens ont rapporté samedi avoir pu envoyer de nouveau des SMS en Iran et vers l'étranger, sans toutefois pouvoir en recevoir de l'extérieur du pays.

L'organisation Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, dit avoir reçu "des témoignages directs horrifiants" faisant état de "manifestants abattus alors qu'ils tentaient de fuir, de l'utilisation d'armes de guerre et de l'exécution en pleine rue de manifestants blessés".

"Toutes les dix minutes, on entendait une série de coups de feu", raconte à l'AFP Kaveh (prénom modifié) désormais au Royaume-Uni, relatant une manifestation à laquelle il a participé le 9 janvier à Téhéran.

Mais "les gens ne se dispersaient pas", alors que d'habitude il le font "après des coups de feu (...) cette fois-ci, ils restaient".

Dans le pays, "tout le monde connaît au moins une personne qui a été tuée", dit Saleh Alavizadeh, acteur et réalisateur iranien vivant pour le moment en France, confiant lui même en connaître personnellement deux.

Selon l'IHR, 3.428 manifestants ont été tués par les forces de sécurité, mais l'ONG souligne que le bilan pourrait être bien plus lourd.

D'autres estimations font état de plus de 5.000 morts, voire jusqu'à 20.000, selon l'IHR.

La chaîne d'opposition Iran International, basée à l'étranger, a annoncé de son côté qu'au moins 12.000 personnes avaient été tuées, citant de hauts responsables gouvernementaux et des sources sécuritaires.

De son côté Reza Pahlavi, fils de l'ancien chah d'Iran qui vit aux Etats-Unis et se dit prêt à mener une transition démocratique dans son pays, a appelé vendredi les Iraniens à manifester à nouveau samedi et dimanche dans la soirée.

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